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Il n'y a pas d'âge pour les arts visuels

L’école d’arts visuels Têtard, créée il y a treize ans à Lausanne, propose deux nouvelles formations. Avec une volonté de se distancier du circuit institutionnel. La formation de graphiste ouvre dès la rentrée 2010. La formation continue en expression et arts visuels débutera en 2011. «Imaginez que, sur votre diplôme, ce sera écrit Têtard. Ça vous paraît sérieux?» Voilà la première chose que Davide D’Ambrosio, directeur de l’école, demande aux candidats.

 

«Le jeune qui me dit qu’il veut être artiste, je le renvoie aux institutions comme l’Eracom, par exemple, explique le directeur. Chez nous, on ne forme pas des artistes, on met à disposition de gens qui s’engagent dans un processus artistique des outils, des techniques qui leur permettront de puiser dans leurs propres ressources.» Les enseignants intervenants dans les deux nouveaux cursus ont tous passé par l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) et sont actifs dans le domaine artistique.

Le book plus que le certificat

La nouvelle formation de graphiste est ouverte autant à un jeune qui vient d’obtenir son certificat de fin de scolarité qu’à un adulte qui se reconvertit. Mais n’y a-t-il pas un moment où il est trop tard? «Quelqu’un qui décide à 30 ans d’entreprendre une telle formation, c’est que quelque chose ne va pas dans son métier, qu’il n’y est ni performant ni épanoui», selon Davide D’Ambrosio. 

Et quels débouchés s’offrent à l’adulte qui sort, au bout de ses trois ans de formation, avec son certificat sur lequel «Têtard» est écrit, titre qui n’est pas reconnu au niveau fédéral? «Un bon graphiste doit gagner sa vie. Plus que son certificat, c’est son book qui comptera pour trouver du travail. En fin de cursus, il aura constitué un dossier qui lui correspond, qui montre ce qu’il sait faire, c’est le plus important.» Quant à l’écart d’âge qu’il peut y avoir entre les différents étudiants de l’école, c’est «un plus» pour le directeur. «On ne veut pas formater nos élèves! On s’intéresse à l’individualité de chacun, alors toutes les différences sont des atouts.»

Expression en résidence

La formation continue en expression et arts visuels ne s’adresse, elle, qu’aux adultes. Organisée en 7 modules d’une semaine - plus un mémoire de fin de cursus - répartis sur deux ans, la formation a lieu dans un ancien hôtel de montagne. Davide D’Ambrosio a acquis récemment l’Hôtel de la gare du Feydey, à Leysin, qu’il est en train de «retaper». Il sera prêt à la rentrée 2011, date du début des cours. «Le lieu est primordial, estime le directeur. Comme dans nos locaux lausannois, il n’y a pas de salle de cours à proprement parler, mais des espaces où chacun trouvera la place qui lui convient. Dès le premier entretien, je sais à qui notre architecture ne conviendra pas…» 

Ces deux ans de cours en immersion ne sont pas à considérer comme une formation professionnelle. «Cette formule est destinée à des adultes qui ont un métier qui leur plaît - que ce soit assureur ou menuisier - mais qui aimeraient développer leur talent, prendre le temps de puiser dans leurs ressources, entourés de professionnels exigeants, qui leur donneront un retour critique.» Davantage donc comme du développement personnel.


La formation de graphiste coûte 25000 francs pour les trois ans. La deuxième année se déroule à 80% en entreprise et le certificat mentionne une spécialisation choisie en cours de formation: illustration, multimédia ou édition. En savoir plus 

La formation continue en expression et arts visuels coûte 14000 francs pour les deux ans, pension complète comprise. En savoir plus

Contact: Davide D’Ambrosio, 021 646 84 40 ou www.tetard.ch