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Sport et études: un équilibre à trouver

Marier sport et formation supérieure n’est pas une évidence. Pourtant, les sportives et les sportifs d’élite qui ont choisi cette formule s’accordent à dire que les études, même si elles alourdissent un emploi du temps déjà très chargé, participent à leur succès dans les stades. Equilibre, hygiène de vie, rigueur ou bouffée d’oxygène, les bénéfices sont multiples.

 

 

Jérémy Maillefer, champion d’aviron qui participera aux prochains Jeux Olympiques, est titulaire d’un bachelor en sciences du sport de l’Université de Lausanne. Lea Sprunger, sprinteuse, aligne les records et s’apprête à prendre son billet pour Londres tout en préparant un bachelor à l’ESM, Ecole de management et de communication de Genève. Sportifs d’exception, ils contredisent la règle selon laquelle sport et études ne font pas bon ménage. L’option leur réussit plutôt bien.

Mens sana in corpore sano

Opter pour une formation pendant sa carrière sportive, un choix salué par Barbara McAllister, présidente du Basket Ball Club de Nyon: «Pour être une personne complète, il est nécessaire de nourrir le corps comme l’esprit. Sportivement ça aide.» Même discours de la part de Georges-André Carrel, directeur du service des sports de l’Université de Lausanne, entraîneur et ancien volleyeur du Lausanne Université Volleyball pour qui la formation est essentielle: «C’est une erreur de penser qu’on peut grandir uniquement avec le corps sans la tête ou vice versa. Les études permettent de se ressourcer dans quelque chose de constructif plutôt que de repasser en boucle sa défaite ou victoire.» A l’image de ce que le sport apporte à la tête après une journée de travail intellectuel, se former à côté de sa carrière sportive recharge les batteries.

Gianluca Mona a étudié la finance à l’Université de Fribourg durant sa carrière de hockeyeur en LNA. «Mes études m’ont apporté énormément. J’étais content d’aller à l’université pour ne pas toujours penser à mon sport et inversement. C’était dur mais ce sont les quatre années les plus belles de ma vie», livre l’ancien gardien. Aujourd’hui avocat et président de la commission éthique de la FIFA, Claudio Sulser a étudié le droit en menant brillamment sa carrière de footballeur professionnel, notamment au sein de Grasshopper et de l’équipe nationale. «C’était la balance parfaite entre un travail plutôt intellectuel à l’université et le côté plus physique du football. Cela me permettait de penser à autre chose et de ne pas vivre qu’à travers le football, en dehors de la société.»

Une vie hors du stade

Bonnes pour la tête, les études permettent aussi de ne pas exister exclusivement en tant qu’athlète. Jeux Olympiques obligent, Jérémy Maillefer a mis ses études entre parenthèses durant un an pour se consacrer exclusivement à l’aviron. Il se réjouit pourtant de retourner à l’université cet automne. «S’asseoir sur un banc d’école quelques heures par jour n’est pas contre-productif.

Au contraire, cela donne un rythme et un cadre. De plus, dans le sport d’élite, on court après des chronos, mais cela ne dure pas. Alors que mon diplôme sera toujours là.

Combiner sport d’élite et études a toujours été la volonté de Gianluca Mona dès ses débuts en tant qu’hockeyeur professionnel. «Lorsque je jouais à Fribourg-Gottéron, j’ai eu la chance d’avoir un directeur enthousiaste qui trouvait très positif pour mon hygiène de vie que je fasse des études à côté du hockey.» Une choix souvent mal compris. « Mes co-équipiers se moquaient et se demandaient pourquoi je me levais le matin ou allais étudier à la bibliothèque, se souvient l’actuel banquier. En tant que gardien vous avez beaucoup de pression, une patinoire qui ne regarde presque que vous. Mes activités en dehors du hockey m’ont permis de relativiser.»

Tout le monde ne souhaite pas lier études et vie sportive. Mais pour Barbara McAllister le temps où l’on prônait sport, sport et re-sport est révolu: «Si le sport d’élite est fantastique, il est temporaire et il y a une vie après.» Un message auquel Georges-André Carrel ajoute l’importance de penser à sa reconversion dès le départ: «La récupération active existe et les sportifs doivent trouver le temps. On ne peut pas uniquement manger football, lire football et dormir football!» Ainsi la formation trouve sa place dans la réussite sportive. Et, atout non négligeable, elle soulage du poids de la reconversion une fois la carrière sportive achevée. Une option à considérer dans le programme d’entraînement.


Image: la sprinteuse Lea Sprunger (dossard N° 336) lors du meeting d’ouverture de Lausanne © DANIEL MITCHELL

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