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Un jeune métier, de nouvelles contraintes

Le coaching professionnel est né il y a trente ans en Amérique du Nord. Il a fait son entrée il n’y a qu’une quinzaine d’années en Suisse. En pleine expansion, ce nouveau métier vient répondre à de nouveaux besoins du monde du travail, en évolution constante et en proie à toujours plus de concurrence.

On a tous une image claire du coach sportif en survêtement, criant en bord du terrain des encouragements ou des reproches à son poulain, qui sue en tentant d’être à la hauteur. Le coach professionnel est tout autre. D’abord, exit le survêt’, il portera plutôt un costume trois pièces ou un tailleur strict. Le point commun entre ces deux métiers est pourtant bien réel: tous deux sont engagés pour viser une performance.

En effet, pour faire face aux changements désirés ou nécessaires dans la carrière d’un employé, le coach propose un soutien personnalisé qui trouve toujours son fondement dans la mise sur pied d’un but à atteindre. «Le coach pousse son client vers son propre objectif, qu’il l’a aidé à définir, précise Jean-Marc Leiser (photo), patron de Forma-plus à Versoix.» Grâce notamment à l’autodiagnostic: «On évite de donner des solutions toutes prêtes; on aide plutôt le «coaché» à réfléchir à la solution qui lui conviendra.»

Ni psy ni mentor

Pour que ça marche, le coach et le coaché doivent «se choisir», selon Jean-Marc Leiser. Mais le premier ne doit pas être vu comme un modèle - comme l’est un mentor - et en aucun cas comme un psy. Mais souvent comme complément de l’un ou de l’autre. «On contacte un coach professionnel lorsqu’on a besoin d’évoluer dans sa vie professionnelle, explique Jean-Marc Leiser, pas parce qu’on veut régler ou soigner quelque chose. Mais la frontière est ténue et délicate», avoue-t-il.

Hélène Aubry-Denton, fondatrice de IDC - Institut de Coaching à Genève, est plus catégorique: «On n’est pas psy du tout! On travaille sur le présent et sur le futur; le passé n’est pas notre champ d’investigation. Aussi, on ne s’intéresse pas à la cause d’un mal-être, mais bien à comment faire pour que l’être humain qui fait appel à nous fonctionne mieux.» Le coach serait alors une sorte de sublimateur? «L’être humain a toutes les potentialités en lui», estime Hélène Aubry-Denton. «Notre travail consiste souvent à faire d’un défaut présumé un atout incontournable», complète Jean-Marc Leiser.

De plus en plus de coachs

Ce métier méconnu souffre d’une réputation de charlatanisme et nourrit beaucoup de fantasmes. On est en droit de se demander: comment on faisait, avant? Hélène Aubry-Denton livre une explication: «Les conditions de travail ont beaucoup évolué en quinze ans, toujours plus stressantes et mettant les entreprises et leurs employés sous pression et en concurrence.» D’où un besoin accru d’être soutenu. «Et avant, on se laissait peut-être faire…» Si les statistiques officielles dans le domaine n’existent pas encore, ce que peut certifier Hélène Aubry-Denton, c’est que de plus en plus de gens en font un vrai métier en Suisse, et que les demandes de coaching en entreprise se développent très fortement. Et ce malgré la crise.

Et alors, qui sont ces coachs? «C’est un métier auquel on arrive après une expérience professionnelle autre, précise Jean-Marc Leiser. Il faut se connaître, avoir un vécu pour bien coacher.» Le coach a donc lui-même évolué dans sa propre carrière professionnelle et opté pour une reconversion, ou pour une spécialisation. Il a d’ailleurs rarement moins de 35-40 ans, et beaucoup de personnes de 50 ans, qui ont été «remerciées» par leur employeur, se lancent dans la profession. Le trait de caractère principal d’un bon coach? «Il faut avant tout avoir un intérêt, une curiosité, voire une passion pour l’être humain!» conclut Hélène Aubry-Denton.