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Une demi-journée pour s'initier à la photo de studio

Oana s’échappe des mains de la maquilleuse et s’approche du plateau. Les flashes crépitent et son corps est baigné de lumière, ciselé par des ombres artificielles. Derrière l’objectif, Quentin fait la mise au point sur le visage du modèle. Il vise les yeux. C'est important les yeux. Les prises de vue partent en rafale. Le photographe s’approche, recule, s’agenouille, virevolte autour d’Oana. Dans quelques minutes, il cédera sa place à un autre qui tentera de capter le regard de la jeune femme.

Maîtriser la lumière

«En général, je n’accepte pas plus de quatre stagiaires par séance, précise Steve Medina, le maître des lieux, qui a ouvert cet atelier d’initiation il y a quelques mois au coeur de Lavaux dans son propre studio. Chacun dispose ainsi d’assez de temps pour expérimenter les notions abordées durant la partie théorique.» Et qu’apprennent concrètement les participants? «Ils abordent tous les aspects pratiques d'une séance photo en studio, y compris la direction du mannequin. Bien entendu, l’accent est mis sur la maîtrise de la lumière et les accessoires utilisés: flash, réflecteur…»

Le but de l’exercice n’est pas de former de futurs professionnels ou de rivaliser avec de mythiques studios de mode mais de permettre à des amateurs éclairés d’effleurer cette technique si particulière qui réinvente la lumière naturelle. «Approcher cet art est une expérience vraiment enrichissante pour toute personne passionnée d’image. On comprend par exemple très vite qu’il s’agit d’un travail d’équipe. Le photographe, en définitive, ne fait qu’immortaliser une partition qui se joue à plusieurs mains.»

Bolides et jolies filles

Informaticien de formation, Steve Medina s’est frotté rapidement au monde de la postproduction assistée par ordinateur. Sa passion pour la photo remonte à l’arrivée du tout numérique en 2001 et c’est en tant que photographe de sport automobile qu’il commence à capturer dans son objectif de jeunes beautés en représentation dans les paddocks, engagées par les écuries. Perfectionniste, il prend des cours à Paris et apprend alors à se jouer des ombres et des lumières en studio.

Le week-end, la villa de la famille Medina, plantée au milieu des vignes à Grandvaux, prend des allures parisiennes. Harcourt n’est pas loin. Bouillonnant d’idées, le formateur propose plusieurs options. Par exemple, si vous êtes en couple, il vous est loisible de choisir la formule «Photo-Passion»: une séance photo de beauté en studio, avec l’homme dans le rôle du photographe et la femme dans le rôle du mannequin… ou inversement.

En guise de thérapie

Mais peut-on raisonnablement adhérer à toutes ces futilités, se complaire dans ce monde un peu kitsch où seule la beauté – ou en tout cas une certaine idée de la beauté – est mise en exergue? Et Steve Medina de rétorquer : «L’expérience que nous proposons n’a rien de machiste ou de dévalorisant. Au contraire, beaucoup de femmes aujourd’hui se précipitent dans des studios professionnels pour y être, une fois dans leur vie, traitées comme des top models. Pour certaines, cette démarche tient même de la thérapie et leur permet de retrouver confiance en elles. Et nos séances de shooting se passent dans le respect de la personne qui se prête au jeu du mannequinat et de la photo de mode.»


Studio Medina | Route de Cully 35 | 1091 Grandvaux | 021 799 44 44

www.glamourstudio.ch

Image: © Studio Medina (la photo a été recadrée)